La citation du jour : Sigmund Freud, Die Verneinung

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« La façon dont nos patients présentent les idées qui leur viennent à l’esprit pendant le travail analytique nous donne l’occasion de faire quelques observations intéressantes. « Vous allez penser maintenant que je veux dire quelque chose d’offensant, mais je n’ai vraiment pas cette intention. » Nous comprenons que c’est là le refus, par projection, d’une idée qui émerge à l’instant. Ou bien : « Vous demandez qui peut être cette personne dans le rêve. Ce n’est certes pas ma mère. » Nous rectifions : c’est donc bien sa mère. Nous prenons la liberté, lors de l’interprétation, de faire abstraction de la négation et d’extraire le pur contenu de l’idée. C’est comme si le patient avait dit : « C’est certes ma mère qui m’est venue à l’esprit à propos de cette personne, mais je n’ai pas envie d’admettre cette idée. »

Avec cette conception de la dénégation s’accorde très bien le fait que l’on ne trouve pas dans l’analyse un « non » provenant de l’inconscient et que la reconnaissance de l’inconscient par le moi s’exprime dans une formule négative. Il n’y a pas de preuve plus forte de la découverte réussie de l’inconscient que lorsque l’analysé y réagit avec la phrase: Je n’ai certes pas pensé cela, ou bien : je n’ai certes pas (jamais) pensé à cela. »

FREUD, Sigmund, « Die Verneinung », (1925), in Résultats, idées, problèmes (1921-1938), ii, Paris, PUF, 1985, p135.