La citation du jour : Jacques-Alain Miller, Le tout dernier Lacan

#

L’inconscient n’est pas ce qu’il y a de singulier dans chaque individu. Et c’est bien pour le faire saisir que Lacan l’a logé dans l’Autre, avec un grand A.
Il loge l’inconscient dans l’Autre et au contraire, disons pour faire la symétrie, il loge le sinthome dans l’Un. Il définit même l’Un par le sinthome. Il en fait la consistance définitionnelle de l’Un (…)
Disons que ce sinthome qui appartient à l’Un, c’est dans un temps second, au moins un temps logique, que l’inconscient vient se nouer au sinthome.
Il y a tout un registre où Lacan peut développer la nature du sinthome sans faire référence à l’inconscient (…) L’inconscient, si on peut dire, s’ajoute.
(…) au début du Séminaire XXIV, qui suit Le sinthome, (…) il énonce en effet avec L’une-bévue : “j’essaye d’introduire quelque chose qui va plus loin que l’inconscient”. Disons que ce qu’il appelle Une-bévue, par assonance avec l’Unbewusst freudien, traduit par inconscient, l’Une-bévue s’inscrit au même temps logique déjà exploré avec le sinthome. Il me semble que cette succession, cette orientation, reste, dans ce tout dernier enseignement, constante et qu’elle répercute l’introduction de l’Un dans son antériorité à l’Autre.

L’un 1 – sinthome – Une bévue
———————————–
L’Autre 2 l’inconscient

Jacques-Alain Miller, « Le tout dernier Lacan », L’Orientation lacanienne iii, 9, (2006-2007), enseignement prononcé dans le cadre du Département de psychanalyse de Paris viii, leçon N°9 du 14 mars 2007, inédit.

Citation relevée par Anne Béraud