La citation du jour : Jacques-Alain Miller, Le tout dernier Lacan

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Sur le concept de la faute, qui n’a rien à faire ici avec la culpabilité, il (Lacan) indique ce qui est la loi de toute interprétation, qu’il y a derrière tout lapsus une finalité signifiante. S’il y a un inconscient, dit-il, la faute tend à exprimer quelque chose, quelque chose que le sujet ne sait pas et qui pousse pour se révéler.
C’est précisément de ce point, je crois, qu’il rebondit dans son petit écrit final de « L’esp d’un laps ». La finalité signifiante est bien ce qui est à mettre en question. La finalité signifiante, c’est celle qui invite à donner portée de sens ou interprétation aux formations de l’inconscient et elle suppose qu’il y a par en dessous une vérité qui cherche à se faire entendre, à percer. C’est de mettre en question la notion même de la finalité signifiante des formations de l’inconscient que Lacan isole alors l’inconscient réel, qui est un inconscient sans le refoulement.
Et c’est de là que l’année suivante, d’une démarche nécessairement trébuchante, Lacan se proposait, dans son Séminaire de L’une bévue – je ne donne que le début du titre – dans son Séminaire dit de L’une bévue, il se proposait d’élaborer quelque chose qui va plus loin que l’inconscient.

Jacques-Alain Miller, « Le tout dernier Lacan », L’Orientation lacanienne iii, 9, (2006-2007), enseignement prononcé dans le cadre du Département de psychanalyse de Paris viii, leçon N°6 du 10 janvier 2007, inédit.

Citation relevée par Anne Béraud