Notes de Beatriz Premazzi sur la Conférence de Lilia Mahjoub à Genève (14 janvier 2017)

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Dans sa conférence du 14 janvier 2017 à Genève, Lilia Mahjoub a parcouru l’élaboration du concept d’inconscient. Pour cela, elle a déployé « Les mots de l’inconscient », titre de sa conférence, des mots pour le désigner dans un aller-retour entre les concepts freudiens et lacaniens et sa pratique en tant que psychanalyste. Trois mots ont été choisis pour étaler son propos: l’Unbewusste, le parlêtre et l’une-bévue.

En relisant mes notes, je suis frappée par la difficulté de saisir ce concept fondamental de la psychanalyse. Si pour Freud, dans sa Lettre 52 de 1896, l’inconscient est inaccessible au conscient, pour Lacan, c’est une béance que l’on n’ouvre pas sans précaution.

La conception d’un inconscient à venir, un inconscient qui veut se réaliser, est une orientation précieuse pour la cure. L’analyste s’oriente donc à produire de l’inédit et non à faire venir ce qui était déjà là. Pour cela, la Présidente de la NLS nous rappelle qu’il vaut mieux être désabonné de son inconscient pour mener les cures, car l’inconscient en question c’est celui de l’analysant, précisant aussi bien que « désabonné de l’inconscient » ne signifie pas être désabonné du langage.

Un point m’a particulièrement interpellée dans cette conférence très enrichissante, qui a pris le temps de déployer la question du rêve par rapport à l’inconscient. Il s’agit d’une référence au séminaire « … ou pire » (page 234), dans laquelle Lacan parle du rêve d’Irma. Notre invitée met l’accent sur la formule désir = 0. Pendant le sommeil, le corps est débranché de la jouissance, donc de la pulsion. Le désir – qui n’est pas la jouissance – n’est pas mis entre parenthèse, mais se manifeste dans le rêve. Le lien entre le désir du rêve et l’inconscient est « la façon dont il faut travailler le rêve pour résoudre le problème d’une formule égal à 0″. Le mot accentué est « façon ». Analyser le rêve de la bonne façon pour que le désir soit égal à 0, dans le cas contraire, le dormeur se réveille pour continuer à rêver dans sa vie, nous dit-elle.

Il ne nous reste qu’à remercier Nelson Feldman, Président de l’ASREEP-NLS, pour avoir, dans la bonne humeur, organisé cette dynamique journée ; François Ansermet, qui a commenté la conférence de Mme Mahjoub ; les collègues, qui ont présenté des cas cliniques: Dominique Tercier, Violaine Clément et Sandra Cisternas, ainsi que leurs discutants, Carlo delli Noci, Alexandra Clerc et Ludovic Bornand.

Beatriz Premazzi

ASREEP-NLS